Élever des medakas en intérieur : l’aquarium

Un medaka vit très bien en aquarium, à condition de lui donner au moins 10 L pour un petit groupe, une eau calme, 8 à 14 heures de lumière selon qu’on veut ou non des pontes, et une température stable entre 20 et 25 °C. L’intérieur est le bon choix pour observer les poissons de côté, élever les alevins tard en saison et maintenir les variétés fragiles comme le Daruma. Le premier mois est le moment où tout se joue.

Pour qui l’intérieur est le bon choix

Le medaka est d’abord un poisson d’extérieur, et le guide de l’élevage en extérieur reste la référence pour la couleur et la reproduction. Mais l’aquarium a trois avantages que les éleveurs japonais reconnaissent. La reproduction devient possible en hiver, avec une eau maintenue à 23 °C au moins et un éclairage suffisant. Les œufs et les alevins sont à l’abri des prédateurs. Et on voit les poissons de côté, ce qui permet de repérer tôt une maladie, un ventre gonflé, une nageoire abîmée.

Concrètement, l’aquarium convient à quatre situations. L’appartement sans balcon. L’observation des variétés qui se regardent de profil : la lumière interne d’un Miyuki (幹之) ou d’un Youkihi à écailles transparentes ne se voit bien que par le côté. L’élevage des alevins de fin de saison, qui n’auraient pas le temps de grandir dehors. Et la maintenance des variétés fragiles : le type Daruma (ダルマ) se tient entre 25 et 28 °C et redoute le froid, qui déclenche des occlusions digestives ; un Miyuki Daruma n’a rien à faire dehors en Bretagne d’octobre à avril.

À l’inverse, celui qui veut des couleurs intenses et des pontes abondantes sans effort sera déçu par l’aquarium. La lumière artificielle ne remplace pas le soleil pour le color-up.

Le volume : 10 L au minimum, un litre par poisson

Kamihata donne 10 L comme minimum absolu, et la règle générale est de 1 L par poisson. En pratique, un aquarium de 20 à 30 L pour six à dix adultes est un bon départ : assez d’eau pour amortir les erreurs, assez petit pour tenir sur un meuble. Un bac de 60 cm, soit environ 55 L, en accueille 50 à 60 au grand maximum, et beaucoup moins si l’on veut une eau facile à tenir.

La forme compte plus que le volume. Le medaka nage en surface et en eau peu profonde. Un bac large et bas vaut mieux qu’une colonne. Un couvercle ou un filet est utile : le medaka saute, surtout la nuit et quand on le dérange.

Filtre éponge ou pas de filtre

Deux écoles, toutes deux valables. Sans filtre, le bac fonctionne comme un biotope : substrat, plantes, peu de poissons, changements d’eau réguliers. C’est le modèle du bac japonais posé sur un rebord de fenêtre. Il demande de la discipline sur le nourrissage et les changements d’eau.

Avec un filtre éponge, la vie est plus simple. L’éponge est le support de bactéries nitrifiantes que citent les éleveurs japonais pour les bacs à medakas. Elle offre une grande surface aux bactéries, elle ne crée pas de courant fort, et elle n’aspire pas les alevins, ce qu’un filtre à cartouche fait. Elle fonctionne avec une petite pompe à air réglée au minimum. Le medaka déteste le courant : si les poissons luttent contre le flux ou se cachent dans un coin, la pompe est trop forte. Le Medaka Filter Kit est conçu sur ce principe.

L’entretien de l’éponge est simple : on la presse dans un seau d’eau du bac, jamais sous le robinet, dont le chlore tue les bactéries. Une fois par mois suffit.

L’éclairage : durée d’abord, puissance ensuite

La durée d’éclairage est ce qui commande la ponte. Il faut 13 à 14 heures de lumière par jour pour la déclencher ; 8 à 10 heures suffisent si l’on ne veut pas de reproduction. Un programmateur à prise, réglé une fois, évite les oublis. Les éleveurs japonais notent qu’une durée d’éclairage suffisante donne des poissons plus robustes et mieux colorés, même en intérieur.

La puissance vient ensuite. L’ordre de grandeur de Kamihata est d’environ 10 W pour 10 L en éclairage classique. En LED, les modèles cités par les éleveurs japonais pour un bac à medakas donnent environ 500 lumens, avec une lumière froide de 10 000 K qui fait ressortir les lumières externes et les lamés. Une lampe de bureau LED posée au-dessus du bac dépanne très bien. La lumière du jour d’une fenêtre est un complément, pas une base : elle est trop courte en hiver et elle chauffe le bac en été.

Sur fond sombre, les couleurs ressortent, sauf pour les verts et les lamés, mieux mis en valeur sur fond blanc. Un fond noir collé à l’arrière et un substrat sombre changent l’aspect d’un Youkihi en quelques semaines.

La température : celle de la pièce, ou un chauffage

Dans une pièce chauffée à 19 ou 20 °C, l’eau se tient autour de 18 à 20 °C. C’est suffisant pour la vie courante, pas pour la ponte. Si l’on veut reproduire en hiver, on chauffe l’eau à 23 °C au moins, avec un chauffage à thermostat. La plage confortable est de 20 à 25 °C, et il ne faut pas dépasser 30 °C.

La stabilité compte plus que la valeur. Un bac de 20 L à côté d’un radiateur qui s’éteint la nuit subit des variations que le poisson supporte mal. On place le bac loin des radiateurs, des fenêtres plein sud et des courants d’air. Un chauffage de faible puissance, bien réglé, coûte moins que les pertes qu’il évite.

Pour le Daruma, on vise 25 à 28 °C. Pour incuber des œufs et en obtenir des Daruma, l’incubation au-delà de 28 °C exprime le gène ; à 25 °C, l’incubation dure 10 jours, à 20 °C, 13 jours.

Les changements d’eau

L’eau du robinet française est chlorée, rarement chloraminée. On la laisse reposer 2 à 3 jours en intérieur dans un récipient ouvert, ou 24 h dehors, ou on utilise un conditionneur. On l’amène à la température du bac avant de la verser.

La fréquence dépend du bac. Sans filtre, Kamihata conseille un tiers à la moitié deux fois par mois. Avec un filtre et des plantes, un quart à un tiers par semaine en période active. Gabriel applique 10 à 20 % par semaine. Ce qui compte est la régularité : un petit changement chaque semaine vaut mieux qu’un gros toutes les six semaines. On siphonne le fond en même temps.

Le pH doit rester entre 6,5 et 8,5 ; nous conseillons 7 à 8. L’eau du robinet française est le plus souvent dans cette plage. On évite les sols et les décors qui l’acidifient fortement.

Le premier mois : les pièges

La plupart des échecs en aquarium se produisent dans les quatre premières semaines. Les bactéries qui transforment l’ammoniaque mettent environ 4 semaines à s’installer, et pendant les 3 premières l’eau accumule des composés toxiques. Cinq erreurs reviennent toujours.

  • Mettre tous les poissons le premier jour. On commence avec deux ou trois, dont les déjections nourrissent les bactéries. On complète le groupe après un mois.
  • Ne pas changer l’eau au démarrage. Le premier mois, on change un tiers de l’eau tous les 2 à 3 jours, avec de l’eau déchlorée à la même température.
  • Trop nourrir. Un medaka mange ce qu’il avale en deux à trois minutes, une à deux fois par jour. Le reste pourrit. Un jour sans nourriture par semaine ne fait aucun mal.
  • Nettoyer à fond. Rincer le substrat, laver l’éponge sous le robinet et changer toute l’eau remet le cycle à zéro.
  • Ajouter un traitement au moindre doute. La plupart des troubles du premier mois viennent de l’eau, pas d’un parasite. On change l’eau avant d’acheter un médicament.

Le bac est stabilisé quand l’eau reste claire d’une semaine à l’autre, que les poissons mangent avec appétit et qu’aucun ne se tient en surface le matin. Le pas-à-pas complet est dans le guide d’installation.

Plantes et décor

Les plantes sont indispensables même en aquarium : elles consomment les nitrates et servent de support de ponte et d’abri aux alevins. Le ratio de Kamihata est de 10 cm de plante pour 1,5 L. En intérieur, les plantes peu exigeantes en lumière conviennent : Anubias nana sur une racine, mousse de Java, Marimo, élodée. Une brosse de ponte flottante complète le dispositif pour collecter les œufs facilement. Voir le guide de la reproduction.

Les chiffres à retenir

Volume 10 L au minimum ; 1 L par poisson ; 20 à 30 L pour bien commencer
Éclairage 13 à 14 h pour la ponte, 8 à 10 h sinon ; ≈ 10 W pour 10 L ; ≈ 500 lm en LED
Température 20 à 25 °C ; 23 °C au moins pour pondre en hiver ; 25 à 28 °C pour le Daruma ; jamais plus de 30 °C
Eau du robinet repos 2 à 3 jours dedans, ou conditionneur
Changements d’eau un tiers à la moitié deux fois par mois sans filtre ; 10 à 20 % par semaine chez nous
Démarrage cycle en ≈ 4 semaines ; un tiers tous les 2 à 3 jours le premier mois
pH 6,5 à 8,5 ; idéal 7 à 8
Nourrissage mangé en 2 à 3 minutes, 1 à 2 fois par jour

Questions fréquentes

Peut-on garder des medakas dans un bocal ?

Non. Sous 10 L, l’eau se dégrade trop vite et la température varie trop. Un bocal de 5 L est un bac d’incubation ou de quarantaine, pas un lieu de vie.

Faut-il un chauffage ?

Pas pour des adultes de variété robuste dans une pièce chauffée. Oui pour pondre en hiver, pour le Daruma, et pour élever des alevins vite. Il faut alors un modèle à thermostat, réglé entre 23 et 25 °C.

Avec quoi peut-on faire cohabiter des medakas ?

Avec des crevettes d’eau douce et des escargots, qui nettoient le fond. Pas avec des poissons plus grands ou plus vifs qui leur volent la nourriture, ni avec des espèces d’eau chaude qui demandent 26 °C toute l’année.

Mes medakas restent en surface et respirent vite : que faire ?

C’est un manque d’oxygène ou une eau chargée, presque toujours au premier mois. On change un tiers de l’eau tout de suite, on réduit le nourrissage, on vérifie la température, et on ajoute une aération faible.

Combien de temps vit un medaka en aquarium ?

2 à 3 ans, jusqu’à 4 dans des conditions calmes et stables. Un bac intérieur bien tenu, sans hiver, tend vers le haut de la fourchette, mais des poissons qui pondent toute l’année s’usent aussi plus vite.

Sources