Trente questions que l’on nous pose au comptoir de Lesneven ou par courriel, avec une réponse courte et chiffrée, et le lien vers l’article qui développe. Le medaka (Oryzias latipes) est un petit poisson de 3 à 4 cm, qui vit dehors toute l’année en France et se reproduit dans une simple vasque. Cette page est la porte d’entrée : pour aller plus loin, chaque réponse renvoie au guide correspondant.
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Qu’est-ce qu’un medaka ?
Le medaka, ou poisson de riz japonais, est un petit poisson d’eau douce originaire d’Asie de l’Est, de nom scientifique Oryzias latipes. Adulte, il mesure 3 à 4 cm et vit 2 à 3 ans, parfois 4 quand il est élevé au calme. Il tolère une eau de 5 à 30 °C, ce qui lui permet de passer l’hiver dehors en France. Depuis 2004 et la création du Youkihi, la sélection japonaise a produit plusieurs centaines de variétés de couleur et de forme. Le guide des variétés les présente famille par famille.
Combien de medakas dans 20 litres ?
La règle de base est 1 litre d’eau par poisson, au minimum. Un bac de 20 litres accueille donc 20 medakas au plus, et nous conseillons plutôt 10 à 15 pour laisser de la marge en été, quand l’eau chaude porte moins d’oxygène. Un bac standard de 60 cm, soit environ 55 litres, plafonne à 50 ou 60 medakas. Kamihata fixe le volume minimum d’un bac à 10 litres. Les volumes et le matériel sont détaillés dans le guide d’installation d’un bac.
Faut-il un filtre pour les medakas ?
Non, pas en extérieur. Un bac planté sans filtre, ce que les Japonais appellent un biotope, suffit si la densité reste à 1 litre par poisson et que les plantes sont nombreuses. Le medaka vient d’eaux calmes et supporte mal un courant fort. En aquarium intérieur, un petit filtre à faible débit rend l’entretien plus facile, mais il n’est pas obligatoire. Voir élever des medakas en extérieur et en aquarium.
Peut-on mettre des medakas avec des poissons rouges ?
Nous le déconseillons. Un poisson rouge adulte dépasse 10 cm et avale tout ce qui entre dans sa bouche, y compris un medaka de 3 cm. Il salit beaucoup l’eau et demande un brassage que le medaka n’aime pas. La cohabitation ne tient que tant que le poisson rouge est petit, et cela ne dure pas. Les bons compagnons sont les crevettes naines et les loches, qui vivent au fond et laissent les medakas tranquilles. Les raisons et les solutions sont dans medakas et poissons rouges dans le même bassin.
Où acheter des medakas en France ?
Chez un éleveur ou une animalerie qui les maintient dehors et sait d’où vient la souche. Une grande partie des medakas vendus en Europe arrive d’élevages d’Asie du Sud-Est sous des noms commerciaux anglais, et la fiche du vendeur doit dire ce que le nom recouvre. Chez À Flore d’Eau, nous élevons et vendons une vingtaine de variétés à Lesneven et en ligne : voir la catégorie Medaka de la boutique. Le guide des variétés aide à choisir avant d’acheter.
Eau et bac
Peut-on utiliser l’eau du robinet pour les medakas ?
Oui, à condition de laisser partir le chlore. L’eau du robinet repose 24 heures dehors, ou 2 à 3 jours dedans, avant d’entrer dans le bac. Un conditionneur d’eau du commerce fait la même chose en quelques minutes. En France, la plupart des réseaux traitent au chlore et non à la chloramine, ce qui rend le repos efficace. Le guide d’installation reprend la préparation de l’eau pas à pas.
Quel pH pour les medakas ?
Le medaka accepte une eau légèrement acide à légèrement alcaline, de pH 6,5 à 8,5. Chez nous, nous visons 7 à 8, ce qui correspond à la plupart des eaux de réseau françaises. Ce qui compte plus que la valeur exacte, c’est la stabilité : un pH qui bouge d’un jour à l’autre stresse davantage qu’un pH un peu haut. Les paramètres d’un aquarium intérieur sont détaillés dans élever des medakas en aquarium.
À quelle fréquence changer l’eau des medakas ?
En aquarium, nous renouvelons 10 à 20 % du volume chaque semaine. Kamihata propose, sans filtre, un tiers à la moitié deux fois par mois. Dans un bac extérieur bien planté, un changement par mois suffit en saison, complété par des ajouts pour compenser l’évaporation. En hiver, on ne change pas l’eau du tout. Le rythme selon les mois est dans les medakas au fil des saisons.
Quelles plantes mettre avec les medakas ?
Des plantes flottantes pour l’ombre et la ponte, des plantes immergées pour l’oxygène et les cachettes. Kamihata donne un ratio de 10 cm de plante pour 1,5 litre d’eau. Les espèces qui marchent bien : cératophylle, pesse d’eau, myriophylle en épi, mousse de Java, Anubias nana, Marimo, Najas et, en flottante, la grenouillette ; pour un petit bassin, Typha minima et un nénuphar nain. La Cabomba des guides japonais est interdite en Europe. Le détail est dans quelles plantes mettre avec des medakas. La jacinthe d’eau des guides japonais et la laitue d’eau sont interdites à la vente dans l’Union européenne, espèces invasives. La grenouillette passe l’hiver au fond sous forme de bourgeons et repart seule au printemps. Voir élever des medakas en extérieur.
L’eau verte est-elle un problème pour les medakas ?
Non. L’eau verte est du phytoplancton en suspension, et les éleveurs japonais la recherchent : elle nourrit les alevins et tamponne les variations de l’eau. Elle devient gênante quand elle est si dense qu’on ne voit plus les poissons, ou la nuit en été, quand les algues consomment l’oxygène. Dans ce cas on dilue avec de l’eau reposée. Son usage en élevage des jeunes est expliqué dans élever les alevins de medaka.
Alimentation
Que mangent les medakas ?
Le medaka est omnivore et mange en surface. Une paillette fine ou un granulé flottant pour petits poissons couvre ses besoins, complété par du vivant ou du congelé : daphnies, artémias, larves de moustique. Dans un bac extérieur, il complète seul son menu avec la microfaune. Les aliments, marques et rations sont comparés dans que mangent les medakas.
Les medakas mangent-ils les moustiques ?
Ils mangent les larves, pas les adultes. Dans la nature, les larves de moustique font partie du régime du medaka, et un bac peuplé reste en général sans larves. Il y a des exceptions : un bac trop planté où les larves se cachent, ou trop peu de poissons pour le volume. Et les moustiques viennent souvent d’ailleurs, d’une soucoupe de pot ou d’un arrosoir oublié. Attention aussi dans les bacs d’alevins : une masse de larves consomme l’oxygène et affaiblit les tout jeunes poissons. Voir l’alimentation des medakas.
Combien de fois par jour nourrir les medakas ?
Une à deux fois par jour pour les adultes, deux fois en été quand ils sont actifs. On donne ce qui disparaît en 2 à 3 minutes, pas plus. Le surplus tombe au fond et pollue l’eau, ce qui est la première cause de bacs qui tournent mal. Sous 10 °C, on arrête de nourrir. Les alevins, eux, mangent 4 à 5 fois par jour. Voir le guide de l’alimentation.
Comment renforcer la couleur des medakas ?
Par le fond du bac d’abord. Un fond sombre fait ressortir le rouge du Youkihi, le noir, le bleu. Les variétés lamées et le vert Saboten se regardent au contraire sur fond blanc, qui met en valeur l’éclat des écailles. Ensuite par l’alimentation : les Japonais parlent de color-up (色揚げ) pour désigner les aliments enrichis en pigments. Une couleur intense demande aussi du soleil. Les fonds conseillés variété par variété sont dans le guide des variétés.
Saisons et hivernage
Les medakas peuvent-ils passer l’hiver dehors en France ?
Oui. Ils ralentissent sous 15 °C, cessent de manger sous 10 °C, hibernent entre 5 et 10 °C et restent immobiles au fond vers 0 °C. La surface peut geler sans dommage, du moment que le volume ne gèle pas. En Bretagne, nous demandons 30 litres au minimum et une zone profonde. On garde le niveau haut, on ne change pas l’eau, on préfère un bac en plastique ou en polystyrène au verre, et on couvre d’une plaque aérée. Tout est dans l’hivernage des medakas en France.
Faut-il nourrir les medakas en hiver ?
Non, sous 10 °C. Le poisson ne digère plus et la nourriture non consommée pollue une eau qu’on ne peut pas renouveler. On reprend progressivement au printemps à partir de 15 °C, avec de petites quantités, et on retrouve la ration pleine vers 23 °C. Le calendrier mois par mois est dans les medakas au fil des saisons.
Que faire pour les medakas en cas de canicule ?
Le medaka commence à souffrir au-delà de 30 °C et l’eau devient dangereuse à 34 °C. On ombrage la moitié du bac avec une canisse, on complète le niveau avec de l’eau reposée, et on ajoute une aération faible. Un bac de 30 litres ou plus chauffe moins vite qu’une petite vasque. Les poissons noirs de lignée Orochi absorbent la chaleur et méritent plus d’ombre encore. Voir les medakas au fil des saisons.
Reproduction et alevins
Comment reconnaître un mâle et une femelle medaka ?
Par les nageoires. Le mâle a une dorsale et une anale plus grandes, l’anale en forme de parallélogramme, au bord dentelé. La femelle a des nageoires arrondies et un ventre plus rond, surtout le matin en saison, quand elle porte sa grappe d’œufs. Pour un bac de reproduction, on met plus de femelles que de mâles. Le tri des géniteurs est expliqué dans sexer les medakas et choisir ses géniteurs.
À quelle température les medakas se reproduisent-ils ?
La ponte démarre vers 18 à 20 °C et se poursuit tant que l’eau reste entre 20 et 25 °C. La longueur du jour compte autant : il faut 13 à 14 heures de lumière pour déclencher la ponte, contre 8 à 10 heures hors saison. En France, cela donne une saison de mai à septembre dehors, et toute l’année en intérieur avec un éclairage réglé. Voir la reproduction des medakas.
Combien de temps pour que les œufs de medaka éclosent ?
Environ 250 degrés-jours, c’est-à-dire la somme des températures quotidiennes. À 25 °C, l’éclosion arrive en 10 jours ; à 22 °C, en 11 à 12 jours ; à 20 °C, en 13 jours. La femelle porte ses œufs sous le ventre puis les dépose sur les plantes ou une brosse de ponte, et c’est là qu’on les récolte. Voir ponte, œufs et incubation. Des œufs aux yeux visibles qui n’éclosent toujours pas après deux ou trois semaines ont presque toujours manqué de chaleur : voir pourquoi des œufs n’éclosent pas.
Pourquoi les œufs de medaka deviennent-ils blancs ?
Un œuf blanc opaque est un œuf non fécondé ou mort, sur lequel une moisissure s’installe et gagne les voisins. On le retire chaque jour. Une goutte de bleu de méthylène dans l’eau d’incubation limite les moisissures, puis on passe à l’eau claire dès que les yeux apparaissent. Avec ce suivi, 70 à 90 % des œufs éclosent, contre 30 à 50 % sans rien faire. Voir la reproduction des medakas.
Pourquoi mes alevins de medaka meurent-ils ?
Le plus souvent de faim. L’alevin, appelé harigo au Japon, doit être nourri dès le 3e jour, 4 à 5 fois par jour, en poudre fine, infusoires ou eau verte. Deuxième cause : les parents, qui mangent œufs et alevins ; on les sépare. Troisième cause : les changements d’eau, à éviter les premières semaines. Une mortalité de 20 à 30 % reste normale. On réunit les jeunes aux adultes vers 2 cm. Voir élever les alevins de medaka.
Variétés et achat
Combien de variétés de medakas existe-t-il ?
Le Japon comptait une vingtaine de variétés vers 2000, 552 en avril 2019, plus de 700 en 2022, et l’encyclopédie en ligne de Medaka no Yakata en recense 909 en septembre 2026. Toutes ne sont pas fixées, et beaucoup sont des combinaisons de quelques caractères de base que la Japan Medaka Association classe en sept groupes. Le guide des variétés présente celles qu’on trouve en France.
Quelle est la différence entre Miyuki et lamé ?
Ce sont deux expressions des iridophores, les cellules réfléchissantes. Le Miyuki (幹之) porte une lumière externe : une bande continue et brillante le long du dos, qui monte avec l’âge jusqu’à la tête chez les meilleurs sujets. Le lamé (ラメ) est fait d’écailles brillantes dispersées sur tout le corps, comme des paillettes. Un même poisson peut avoir les deux, et le nom le dit alors. La lecture complète des noms est dans lire le nom d’un medaka.
Un medaka noir peut-il devenir gris ?
Oui, et c’est normal. Le medaka adapte sa couleur au fond : sur fond clair, la plupart des noirs pâlissent jusqu’au gris. Seule la lignée Orochi (オロチ), sélectionnée à Nara en 2016, reste noire quel que soit le fond. Si votre poisson a pâli, remettez-le sur fond sombre et attendez quelques jours. Voir la fiche du medaka Black Dragon.
Quelle variété de medaka pour débuter ?
Une variété unie, fixée et peu chère : le Youkihi vermillon, le Himedaka jaune, le bleu ou le blanc. Ces quatre-là se reproduisent conformes et se voient bien dans une vasque. Les Miyuki, Kōhaku et Panda viennent ensuite. On garde les tricolores et les Daruma pour plus tard, quand on sait trier. Voir le guide des variétés.
Pourquoi certains medakas coûtent-ils si cher ?
À cause du taux de fixation, la part de la descendance qui reproduit le caractère. Une variété fixée dépasse 30 %. Un Sanshoku, dont le motif tricolore se répartit au hasard, donne peu de beaux sujets par ponte, et chaque beau sujet a coûté des dizaines de frères triés. Au Japon, un premier trio de Neptune s’est vendu 601 000 yens en 2023, un ordre de grandeur qui n’a rien à voir avec le marché français. Les prix réels, en France et au Japon, sont dans prix d’un medaka. Voir lignée, variété, variété fixée.
Que veulent dire Kōhaku et Sanshoku ?
Ce sont des mots empruntés aux carpes koï. Kōhaku (紅白) signifie rouge et blanc : un medaka blanc à taches vermillon, souvent avec lumière externe. Sanshoku (三色) signifie trois couleurs : blanc, vermillon et noir, apparu vers 2017. En koï on dit Sanke, en medaka on dit Sanshoku. Voir les fiches Kōhaku et Sanshoku lamé.
Santé
Pourquoi mes medakas meurent-ils après un changement d’eau ?
Trois causes reviennent. Le chlore, quand l’eau du robinet n’a pas reposé 24 heures ou reçu de conditionneur. Le choc thermique, quand l’eau neuve est plus froide de plusieurs degrés que le bac. Et le volume, quand on change plus de la moitié d’un coup : le poisson perd l’eau à laquelle il s’était adapté. On change 10 à 20 % par semaine, à la même température, avec de l’eau reposée. Voir le guide d’installation d’un bac.
Mes medakas disparaissent un par un : qui les mange ?
Dehors, la larve de libellule est le premier suspect. Elle vit au fond, invisible, et les libellules pondent même à travers un filet posé sur l’eau : il faut le surélever de 5 cm. Viennent ensuite le chat, le héron, le martin-pêcheur, la corneille, la grenouille et le triton. Pour les alevins, l’hydre, un minuscule polype fixé sur les plantes. Le guide des prédateurs en France dit comment protéger un bac contre chacun.
Combien de temps vit un medaka ?
Deux à trois ans, jusqu’à quatre pour un poisson élevé au calme, avec un hiver froid qui le met au repos. Un medaka qui se reproduit tout l’été et hiverne dehors vit en général moins longtemps qu’un poisson gardé en eau fraîche. Un sujet acheté à 2 ou 3 cm a déjà quelques mois. Le cycle d’une année est décrit dans les medakas au fil des saisons.
Sources
- Japan Medaka Association, 改良メダカ品種分類マニュアル, 5e édition, septembre 2025, jma-medaka.com/medaka-variety-classification-manual/
- Medaka no Yakata, 改良メダカWEB図鑑, medakazukan.net (comptage des variétés, densité, incubation, mortalité des alevins)
- Tokyo Aqua Garden, colonnes メダカ (températures, hivernage, prédateurs, taux d’éclosion), t-aquagarden.com/column/
- Tokyo Aqua Garden, ボウフラの駆除方法, t-aquagarden.com/column/mosquito_larvae_control (larves de moustique)
- Kamihata, guide d’élevage du medaka (volume minimum, lumière, plantes, changements d’eau)
- Medakaya Base, メダカと金魚の混泳はできる?, medakayabase.com/blog/swim-together-goldfish/ (cohabitation avec le poisson rouge)
- Genten, メダカの混泳について, genten-net.jp/blogs/aquarium/613 (crevettes, loches)
- Nedo Freedom et Inoue Medaka, présentation du Neptune (prix du premier trio)
- À Flore d’Eau, guide d’élevage du medaka, afloredeau.com (pH, changements d’eau, hivernage en Bretagne)