Les différentes variétés de medakas : guide complet (Oryzias latipes)

Le medaka, Oryzias latipes, est un poisson de 3 à 4 cm dont le Japon a tiré plus de 900 variétés en un quart de siècle. Toutes descendent de la même forme sauvage brune et se décrivent avec la même grammaire. Ce guide présente les grandes familles de medakas améliorés, renvoie vers nos fiches, et dit lesquelles conviennent à un premier bac.

Ce qu’est un medaka amélioré

Dans la nature, ce poisson de riz japonais est brun olive, avec un léger reflet sur le dos. Le medaka amélioré (改良メダカ, kairyō medaka) est une variété obtenue par sélection à partir de cette forme sauvage. On dit variété, jamais race ni espèce : un Youkihi et un Miyuki sont le même poisson, Oryzias latipes, et se reproduisent entre eux.

Le Himedaka jaune et le medaka blanc sont élevés au Japon depuis l’époque d’Edo, mais l’explosion est récente. Vers l’an 2000, le Japon comptait une vingtaine de variétés. L’encyclopédie en ligne de Medaka no Yakata en recensait 552 en avril 2019, plus de 700 en 2022, et 909 en septembre 2026. Deux poissons expliquent ce mouvement. Le Youkihi (楊貴妃), medaka vermillon créé en 2004 à Hiroshima par Ōba Sachio, a montré qu’une couleur franche pouvait se fixer ; plus de 50 variantes en descendent. Le Miyuki (幹之), apparu à la fin des années 2000, a apporté la bande réfléchissante du dos qui fait le medaka moderne. Comme chaque éleveur baptise ses créations d’un nom de maison, une classification est devenue nécessaire.

Sept groupes de caractères pour lire un nom

La Japan Medaka Association (JMA) publie un manuel de classification dont la cinquième édition date de septembre 2025. Il décrit 45 caractères en sept groupes, toujours dans le même ordre : couleur du corps, écailles, yeux, iridophores, motifs, nageoires et morphologie. Un nom s’assemble en accolant les caractères présents : « Sanshoku lamé Miyuki Daruma » se lit trois couleurs, écailles brillantes éparses, bande lumineuse sur le dos, corps court. La grammaire complète est sur notre page lire le nom d’un medaka, et les termes dans le glossaire. Le panorama qui suit regroupe les variétés par famille, comme en boutique.

Les couleurs unies

Le point de départ est le brun (茶), la couleur sauvage ; le Kuro medaka (黒メダカ) d’élevage en est la forme commerciale, brun-noir, vendue au Japon parce que la forme sauvage y est protégée. Le jaune (黄) est le Himedaka, la plus ancienne variété, qui a perdu son pigment noir. Le medaka orange et l’orange foncé en sont des sélections plus saturées.

Le blanc (白) a perdu le noir et le jaune. Le bleu (青) n’a pas de pigment bleu : il lui manque le jaune, ce qui le fait paraître gris-bleu, et c’est sur cette base qu’est né le Miyuki. Le noir (黒) va du gris anthracite au noir profond. La lignée Orochi (オロチ), sélectionnée en 2016 dans la préfecture de Nara, est la seule qui reste noire sur un fond clair. En Europe, ces poissons se vendent souvent sous le nom Black Dragon. Le vermillon (朱赤) est le rouge orangé du Youkihi, la variété colorée la plus fiable en reproduction. Le doré pâle se vend parfois sous le nom Champagne, une étiquette de vendeur.

Les bicolores et tricolores

Ici, la couleur se combine avec le groupe des motifs. Le Kōhaku (紅白) est blanc et vermillon, dessiné comme une carpe koï ; le groupe blanc-vermillon compte 45 fiches au WEB図鑑, dont le Kōhaku à lumière externe, n° 0183. Le Sanshoku (三色) ajoute le noir. Diffusé vers 2017, son motif se répartit au hasard : peu de jeunes sortent avec les trois couleurs bien placées, ce qui explique son prix. On le vend souvent sous le nom des koï, Sanke, mais le japonais du medaka dit Sanshoku.

Le commerce européen décline la même logique sous des noms anglais : le White Orange, blanc à plages orange, cousin du Kōhaku ; le White Black, blanc à taches noires ; l’Orange Black, orange à zones noires. Ce sont des appellations de vendeur, sans variété japonaise référencée ni taux de fixation connu. Le point commun de la famille : on ne reproduit pas un motif, on le trie à chaque génération.

Les lumières

Les iridophores sont des cellules réfléchissantes, et le manuel JMA distingue six façons dont elles s’expriment. La plus connue est la lumière externe (体外光), cette bande bleu-blanc sur le dos qui est le caractère du Miyuki (幹之). Elle se lit par grades, du faible au super, puis masque de fer (鉄仮面) quand la bande atteint la tête, et corps entier. Les alevins naissent sombres ; la lumière monte avec l’âge et le soleil. Chez nous, le Miyuki existe sur base bleue, le bleu à lumière externe, et avec des nageoires allongées, le Miyuki Longfin. Le Platinum est le nom commercial d’un Miyuki blanc ou bleu pâle à lumière dense.

Le lamé (ラメ) est différent : des écailles brillantes éparses, comme des paillettes, et non une bande continue. Un même poisson peut porter les deux. Le lamé s’exprime surtout sur les écailles semi-transparentes de la lignée Aurora (オーロラ), support de la plupart des variétés lamées récentes ; l’Aurora jaune lamé, tête jaune et dos pailleté, en est l’exemple courant.

Les formes

Le type Hikari (ヒカリ) est une mutation de symétrie : la nageoire anale prend la forme de la dorsale, la caudale devient un losange, le dos porte un reflet. Ce n’est pas une couleur ; le Hikari jaune est un Himedaka de type Hikari. Le type Daruma (ダルマ) a des vertèbres raccourcies et un corps rond. Le gène existe chez tous les medakas et s’exprime quand les œufs incubent au-delà de 28 °C. Le Miyuki Daruma combine ce corps court avec la lumière externe ; c’est la variété la plus délicate de notre stock, sujette aux occlusions digestives et incapable de passer l’hiver dehors.

Les nageoires forment un groupe à part, avec onze caractères. Le Longfin (ロングフィン) allonge toutes les nageoires de façon régulière ; le Swallow (スワロー) étire certains rayons en filaments irréguliers ; le Hirenaga (ヒレ長) désigne les nageoires longues de la lignée Matsui. Ces caractères se greffent sur n’importe quelle couleur : un Youkihi Longfin reste un Youkihi.

Les nouveautés de la lignée Savanna

Medaka-ya Savanna, dans la préfecture de Saitama, a produit deux des variétés les plus récentes disponibles en France. Le Saboten (サボテン, « cactus »), sorti en 2021, croise Ōka blanc et Midorikō Matsui Hirenaga : vert cactus, lamé dense, nageoires longues, fixation élevée. C’est l’une des rares variétés qui se regarde sur fond blanc, parce que le fond clair fait ressortir le lamé vert. Nous le vendons sous le nom « Miyuki Vert Cactus ».

Le Neptune (ネプチューン) en descend. Sorti le 26 juillet 2023 sur Yahoo Auctions, issu de (Miyazakura × Himitsu Heiki) × Saboten, il est bleu jusqu’au museau, avec un lamé large vert-or sur le dos, et son taux de fixation est donné à environ 70 %. Le premier trio a été adjugé 601 000 ¥, un ordre de grandeur japonais sans rapport avec le prix d’un jeune en France deux ans plus tard.

Choisir sa première variété

La question n’est pas « quelle est la plus belle » mais « laquelle pardonne les erreurs ». Tous les medakas se maintiennent entre 5 et 30 °C, dans 1 litre par poisson au minimum. Ce qui change d’une variété à l’autre, c’est la régularité en reproduction, la fragilité de la forme et le travail de tri.

  • Débutant : Youkihi, Himedaka jaune, bleu, blanc. Des poissons unis, de type normal, qui se reproduisent conformes et se voient de loin dans une vasque. Le Youkihi est le plus coloré des quatre ; le bleu et le blanc sont les plus discrets.
  • Intermédiaire : Miyuki, Kōhaku, Panda. L’élevage est simple, mais il faut trier : la lumière du Miyuki ne s’exprime pas au même degré chez tous les jeunes, le motif du Kōhaku change à chaque poisson, le caractère Panda ne ressort pas dans toute la descendance.
  • Confirmé : Sanshoku, Daruma. Le premier demande de la patience au tri. Le second demande une méthode : incubation chaude, croisement Daruma × semi-Daruma plutôt que Daruma × Daruma, bac chauffé l’hiver.

Pour l’installation, voir installer un bac pour medakas ; les variétés en stock sont sur la catégorie Medaka de la boutique.

Ce que veulent dire les noms anglais du commerce

Une grande partie des medakas vendus en Europe vient d’élevages d’Asie du Sud-Est, sous des noms anglais. L’importateur allemand Aquarium Glaser distribue ainsi des souches nommées Panda White, Blue & Black Lamé, Red & White ou Yokihi Orange. Ces noms décrivent ce qu’on voit, sans dire la lignée ni le créateur, et se traduisent presque toujours dans le vocabulaire JMA.

Nom du commerce Lecture JMA
Red White blanc + vermillon à taches : un Kōhaku
Tricolor, Sanke, Lamé Sanke blanc + vermillon + noir : un Sanshoku, lamé ou non
Platinum blanc ou bleu pâle à lumière externe dense : un Miyuki
Black Dragon noir uni, souvent de lignée Orochi ou Black Diamond, sans certitude
Orange Black, White Black, White Orange une couleur de base + motif à taches d’une seconde couleur
Yellow Head, Lamé tête jaune le plus souvent un Aurora jaune lamé
Champagne, Tomoki étiquettes de vendeur sans variété japonaise identifiée

Nos fiches gardent le nom sous lequel le poisson se vend, mais donnent toujours la correspondance JMA et signalent quand elle n’est pas sûre. Le Tomoki, par exemple, est un nom dont nous n’avons pas retrouvé l’origine, et sa fiche le dit.

Les chiffres à retenir

Variétés recensées au Japon environ 20 en 2000, 552 en avril 2019, 909 en septembre 2026
Caractères du standard JMA 44, en 7 groupes (5e édition, septembre 2025)
Seuil d’une variété fixée 30 % de descendance conforme
Naissance du Youkihi 2004, Hiroshima, Ōba Sachio ; plus de 50 variantes en descendent
Orochi 2016, préfecture de Nara ; 400 à 1 000 ¥ pièce au Japon
Saboten / Neptune 2021 / 26 juillet 2023, Savanna, Saitama ; Neptune fixé à environ 70 %
Expression du Daruma incubation au-delà de 28 °C

Questions fréquentes

Peut-on mélanger plusieurs variétés dans le même bac ?

Oui pour la maintenance : ce sont tous des Oryzias latipes, avec les mêmes besoins. Non si l’on veut reproduire une variété : les croisements donnent des jeunes mélangés. Un bac par variété dès qu’on collecte les œufs.

Quelle est la différence entre Miyuki et lamé ?

Le Miyuki porte une bande réfléchissante continue sur la ligne du dos, la lumière externe. Le lamé est fait d’écailles brillantes dispersées sur le corps. Un poisson peut avoir les deux, comme le Sanshoku lamé Miyuki.

Une variété récente est-elle plus fragile ?

Pas forcément. Le Neptune, sorti en 2023, est donné à environ 70 % de fixation et se maintient comme un medaka ordinaire. Ce qui rend une variété exigeante, c’est une forme modifiée, comme le Daruma, ou un motif à trier, comme le Sanshoku.

Pourquoi mon medaka noir a-t-il pâli ?

La plupart des medakas noirs adaptent leur teinte au fond : sur un bac clair, ils virent au gris. Seule la lignée Orochi reste noire quel que soit le fond. Un fond sombre ramène la couleur chez les autres ; voir le guide élever des medakas en extérieur.

Sources

  • Japan Medaka Association, 改良メダカ品種分類マニュアル, 5e édition, septembre 2025, jma-medaka.com/medaka-variety-classification-manual/
  • Medaka no Yakata, 改良メダカWEB図鑑, recherche par caractères, fiches n° 0183 (Kōhaku à lumière externe) et n° 0800 (Aurora Miyuki Sapphire), et récit 楊貴妃誕生物語, medakazukan.net
  • Tokyo Aqua Garden, メダカの種類・品種・体型・鱗とは et articles Orochi, Sanshoku, Daruma, t-aquagarden.com/column/
  • SNR Medaka et medakatalog, fiches Saboten (サボテンメダカ)
  • nedo-freedom et inoue-medaka, articles sur le Neptune (ネプチューン) de Medaka-ya Savanna, 2023
  • Aquarium Glaser, fiches d’importation Oryzias latipes (souches Friedrich Bitter), aquariumglaser.de