Un medaka mâle se reconnaît à sa nageoire anale en parallélogramme au bord dentelé et à sa dorsale plus grande ; la femelle a des nageoires arrondies et un ventre plus rond. Le sexage est fiable sur des poissons adultes, vers 2,5 à 3 cm. Pour choisir des géniteurs, on regarde d’abord la ligne du dos, la symétrie et la caudale, avant la couleur, et on juge un couple sur ce qu’il transmet, c’est-à-dire son taux de fixation.
Reconnaître mâle et femelle, nageoire par nageoire
Chez les Oryzias latipes, les deux sexes ont la même taille et souvent la même couleur. La différence est dans les nageoires. On regarde le poisson de côté, dans un petit récipient transparent ou contre la vitre.
La nageoire anale est le critère le plus sûr. Chez le mâle, elle est grande, de forme allongée en parallélogramme, et son bord libre est dentelé, presque frangé. Chez la femelle, elle est plus courte, plus étroite vers l’arrière, et son bord est lisse. La dorsale confirme : celle du mâle est plus grande, et chez beaucoup de variétés elle présente une petite encoche à l’arrière, alors que celle de la femelle est courte et arrondie. Les mâles Samurai (サムライ) poussent ce trait plus loin, avec une dorsale fendue. La caudale ne renseigne guère, sauf chez les formes Longfin où le mâle porte des rayons plus longs.
Le corps aide ensuite. La femelle a un ventre plus rond, surtout en saison de ponte, et une ligne ventrale qui descend vers l’anale. Le matin, elle porte souvent une grappe d’œufs sous le ventre : le doute est alors levé. Le mâle est plus élancé, et en saison il poursuit les femelles et tourne autour d’elles en écartant ses nageoires.
À quel âge sexer
Les nageoires prennent leur forme définitive avec la maturité. En dessous de 2 cm, tous les jeunes ont des nageoires courtes et arrondies, et l’on se trompe. Le sexage devient fiable vers 2,5 à 3 cm, soit vers deux à trois mois pour des jeunes nés au printemps et bien nourris. C’est pour cela que les medakas vendus à 2,7-3 cm peuvent être sexés à la demande, alors que des jeunes de 1,5 à 2 cm sont vendus sans garantie de sexe.
Chez les types Hikari (ヒカリ), la dorsale et l’anale sont symétriques et toutes deux grandes : le bord dentelé de l’anale du mâle reste le repère. Chez les Daruma (ダルマ), le corps court déforme un peu la lecture, et le ventre rond de la femelle est encore plus marqué. Chez les Longfin, les nageoires allongées des deux sexes demandent de regarder la forme, pas la longueur.
Combien de géniteurs par bac
Un bac de reproduction contient plus de femelles que de mâles. Un mâle féconde plusieurs femelles, et deux mâles pour une femelle l’épuisent. La base est un trio, un mâle et deux femelles, ou une famille de deux mâles et quatre à cinq femelles dans un bac de 20 à 30 litres. On respecte la densité d’un litre par poisson au minimum. Pour un travail de sélection, on préfère un petit nombre de poissons choisis à un grand bac où l’on ne sait plus qui a fécondé qui. Le déroulé de la ponte est dans reproduction des medakas : ponte, œufs et incubation.
Les géniteurs, tanéoya (種親), reçoivent une alimentation soutenue, deux à trois petits repas par jour en saison, avec un aliment riche comme Hikari Medaka Breed. Une femelle qui pond chaque jour dépense beaucoup, et une femelle maigre donne peu d’œufs.
Ce qu’on regarde pour un « bon » medaka
Les standards japonais, ceux de la JMA (日本メダカ協会) et les fiches de sélection du WEB図鑑, jugent d’abord la forme du corps, puis la couleur et les caractères de la variété. Un poisson très coloré sur un corps tordu ne vaut rien en sélection, car le défaut se transmet. On regarde le poisson de dessus, comme dans un bac japonais, puis de côté.
Pour tous les types, on élimine d’abord les défauts de structure : une colonne courbée, vue de dessus ou de côté, un corps trop mince, une tête déformée ou creusée, des nageoires manquantes, une bouche mal formée. Ces sujets peuvent vivre longtemps et faire de bons poissons d’ornement, mais pas des géniteurs. Sur des variétés à yeux modifiés, le creux de la tête est un défaut fréquent qu’on oublie de regarder (medakazukan.net).
Type normal
Le type normal (普通体型) est la silhouette de la forme sauvage. Ce qu’on cherche est une ligne de dos droite ou en courbe régulière, sans cassure, un corps ni court ni grêle, et des nageoires complètes et symétriques de dessus. Le WEB図鑑 met en garde contre les sujets au corps légèrement raccourci : il existe une gradation continue entre le type normal et le Daruma, et retenir des géniteurs un peu courts fait dériver la souche vers le semi-Daruma sans l’avoir voulu (medakazukan.net).
Sur la couleur, un critère simple sert à départager deux sujets sains : la couleur présente jusque sur la crête ventrale, la ligne du ventre, annonce une couleur de corps plus dense, et ces sujets donnent des descendants mieux colorés (medakazukan.net). Pour les variétés à lumière externe comme le Miyuki (幹之), on veut une bande qui monte le plus loin possible vers la tête. Pour les lamés, une répartition dense et régulière des écailles brillantes. Pour les Sanshoku (三色), le motif est imprévisible et on sélectionne sur l’équilibre des trois couleurs, voir la fiche du Sanshoku lamé.
Type Hikari
Le type Hikari (ヒカリ体型) est une symétrie du haut et du bas autour de la colonne : la dorsale a la forme et la taille de l’anale, la caudale est en losange, et le dos porte le reflet du ventre. Trois points de sélection dominent. La dorsale doit être aussi grande que l’anale, car c’est elle qui s’atrophie le plus facilement. La caudale doit avoir son axe au milieu, sans lobe supérieur rétréci. Et la pointe de la caudale, formée de deux lobes, doit rester entière, sans fente (medakazukan.net).
Le Hikari se fixe très bien : un couple Hikari donne presque uniquement des Hikari, environ 99 % d’après le WEB図鑑, ce qui en fait un type accessible pour débuter la sélection. Le point de vigilance est l’apparition de caudales de type normal chez certains descendants, qui les disqualifie en concours (medakazukan.net).
Type Daruma
Le type Daruma (ダルマ体型) a des vertèbres raccourcies et un corps d’environ la moitié de la longueur d’un type normal. Il est classé de niveau intermédiaire, parce qu’il est sensible aux variations de température et de qualité d’eau, qu’il pond moins, et qu’il est sujet à l’occlusion digestive. Trois critères de sélection : une ligne de dos en courbe lisse, sans bosse, dont le sommet tombe idéalement à la verticale de l’anale ; un ventre modéré, car une femelle au ventre distendu retient souvent ses œufs et ne pond plus ; et une nage horizontale, car les Daruma ont une vessie natatoire fragile et basculent, surtout au froid (medakazukan.net).
Pour la reproduction, on croise un Daruma avec un semi-Daruma plutôt que deux Daruma, qui donnent peu d’œufs et beaucoup d’œufs stériles. Le caractère s’exprime à l’incubation : au-delà de 28 °C, entre 28 et 32 °C, une part des alevins sortent Daruma. On garde ensuite les poissons entre 25 et 28 °C. La fiche du Miyuki Daruma détaille ce croisement.
Le taux de fixation
Un « bon » medaka n’est pas seulement un beau poisson, c’est un poisson qui transmet. Le taux de fixation, koteiritsu (固定率), est la part de la descendance qui reproduit le caractère des parents. Le WEB図鑑 considère une variété comme fixée à partir de 30 % ; un Hikari en donne 99 %, un Neptune environ 70 %, un Sanshoku beaucoup moins. Il dépend de la variété, mais aussi du couple : deux Kōhaku (紅白) du même bac ne donnent pas la même proportion de beaux motifs. On l’estime en élevant toute une ponte jusqu’à 2 ou 3 cm et en comptant ce qu’on obtient. Le vocabulaire est repris dans le glossaire et la lecture d’un nom de variété dans la nomenclature JMA.
Tenir une souche sur plusieurs générations
La méthode est celle des éleveurs japonais depuis le premier Youkihi (楊貴妃) : à chaque génération, on élève beaucoup de jeunes, on les trie sévèrement, et on ne garde comme géniteurs qu’une petite fraction. Le tri, senbetsu (選別), se fait en plusieurs passes. Vers 2 cm, on retire les corps déformés. Vers 3 cm, on retire ceux qui n’ont pas le caractère recherché ou l’ont mal. À la maturité, on choisit les couples sur la forme, la couleur, et sur ce qu’on sait de leurs parents. Une génération par an en extérieur, deux en aquarium chauffé.
On tient un cahier : origine du couple, date de ponte, nombre de jeunes, ce qu’on a gardé. Sans cela, on oublie en deux saisons qui descend de qui. On garde toujours quelques sujets de réserve d’une génération sur l’autre, pour ne pas perdre la souche sur un accident de bac.
Quand renouveler le sang
Une souche fermée sur elle-même finit par accumuler des défauts : corps plus petits, colonnes courbées, œufs stériles, alevins faibles. Ce sont les signes que la consanguinité pèse. Il n’y a pas de règle chiffrée valable pour toutes les variétés. Le principe est de surveiller ces signes et d’introduire, quand ils apparaissent, un ou deux sujets de la même variété venus d’un autre élevage. On croise le nouveau venu avec les meilleures femelles de la souche, puis on retrie la descendance sur les critères de la maison. Le caractère peut baisser une génération avant de remonter.
Inversement, un renouvellement trop fréquent empêche de fixer quoi que ce soit. Un éleveur qui vise une variété stable travaille en lignée fermée aussi longtemps que les poissons restent sains, et n’ouvre que quand il le faut.
Les chiffres à retenir
| Mâle | anale en parallélogramme au bord dentelé, dorsale plus grande |
|---|---|
| Femelle | nageoires arrondies, ventre plus rond, œufs sous le ventre le matin |
| Sexage fiable | vers 2,5 à 3 cm |
| Ratio | plus de femelles que de mâles |
| Densité | 1 litre par poisson au minimum |
| Variété fixée | taux de fixation d’au moins 30 % (WEB図鑑) |
| Hikari × Hikari | environ 99 % de Hikari |
| Daruma | Daruma × semi-Daruma, incubation à 28-32 °C, maintien à 25-28 °C |
Questions fréquentes
Peut-on sexer des medakas de 1,5 cm ?
Pas de façon fiable. Les nageoires ne prennent leur forme définitive qu’à la maturité, vers 2,5 à 3 cm. Avant, on ne fait que deviner.
Une femelle pond-elle sans mâle ?
Oui, elle peut porter des œufs, mais ils ne sont pas fécondés : ils restent blancs et moisissent. Il faut au moins un mâle en forme dans le bac.
Faut-il des géniteurs jeunes ou âgés ?
Des adultes de leur première ou deuxième saison. Une femelle de trois ans pond moins. Les jeunes de l’année nés au printemps peuvent pondre dès la fin de l’été en aquarium chauffé.
Un poisson au dos tordu peut-il servir de géniteur ?
Non. Le défaut se transmet en partie. Il peut vivre en bac d’ornement, mais on l’écarte de la reproduction.
Deux variétés différentes peuvent-elles se croiser ?
Oui, ce sont tous des Oryzias latipes. C’est ainsi que naissent les nouvelles variétés, mais la première génération est souvent terne et le résultat prend plusieurs générations de tri.
Sources
- 改良メダカWEB図鑑, « 普通種の選別ポイント », https://medakazukan.net/tutsuusyupoint/
- 改良メダカWEB図鑑, « ヒカリ体型の選別ポイント », https://medakazukan.net/hikaripoint/
- 改良メダカWEB図鑑, « ダルマ体型の選別ポイント », https://medakazukan.net/dharmapoint/
- 改良メダカWEB図鑑, « 図鑑の見方 », https://medakazukan.net/mikata/
- 改良メダカWEB図鑑, FAQ, https://medakazukan.net/faq/
- Tokyo Aqua Garden, « 産卵後の魚のケア », https://t-aquagarden.com/column/care_spawning_fish
- Kamihata et Tokyo Aqua Garden, guides d’élevage du medaka (sexage)