Prix d’un medaka : combien coûte un medaka en France et au Japon, et pourquoi

Un medaka coûte entre 5 et 20 € chez un vendeur français, et jusqu’à 30 € pour une sélection récente. Au Japon, le même poisson vaut de quelques dizaines de yens en animalerie à plusieurs centaines de milliers de yens aux enchères pour une nouveauté. Cette page donne les prix réels, en France et au Japon, explique ce qui fait qu’un medaka vaut dix fois un autre, raconte la bulle japonaise et sa chute, et dit comment ne pas surpayer.

Les prix en France

Voici les prix affichés dans notre boutique le 4 octobre 2026, pour des poissons de 2 à 3 cm, prêts à être mis en bac. Ils donnent une bonne idée des paliers du marché français, que l’on retrouve, à quelques euros près, chez les autres vendeurs recensés dans où acheter des medakas en France.

Palier Variétés Prix par poisson
Les classiques Blanc (Shiro), Bleu (Ao) 4,95 à 5,35 €
Les variétés établies Panda, Orochi (Black Dragon), Miyuki, Kōhaku lamé, Platinum, White Black, Orange Black 8,90 à 9,95 €
Les sélections Neptune, Miyuki Hirenaga (longfin), Yozakura, Sanshoku lamé, Saboten, Jaune Longfin 14,85 à 16,95 €
Les formes rares Ki Hikari, Miyuki semi-Daruma 19,75 à 20,25 €

Ailleurs en France, un éleveur du Sud-Ouest vend ses blancs, orange, bleus et noirs 7,50 € l’unité ou 65 € les dix ; un bassiniste du Midi propose six variétés à 7,95 € ; les sélections récentes, Black lamé, Kinsen, Seiga, montent à 16 à 30 €. Les œufs se vendent par lots, 20 à 30 € les dix à trente, un pari sur l’éclosion plutôt qu’un achat de poisson.

Au prix du poisson s’ajoute, si l’on se fait livrer, le transport d’animaux vivants : chez nous, un forfait de 24,90 € par commande en GLS 13H, avec cinq sujets minimum par variété ; chez un concurrent, 32 € en point relais. Le retrait en magasin est gratuit. Pour un premier lot de cinq medakas blancs livrés, comptez donc une cinquantaine d’euros, dont la moitié de transport ; pour cinq Yozakura, un peu plus de cent euros. C’est la raison pour laquelle on commande plusieurs variétés à la fois, en profitant du fait que le colis peut emporter jusqu’à 2 kg de petit matériel ou de plantes sans supplément, ou l’on vient chercher ses poissons.

Les prix au Japon

Le Japon est le pays du medaka, avec neuf cents variétés recensées et des milliers d’éleveurs. Les prix y sont d’un autre ordre, et ils expliquent les nôtres.

Poisson Prix au Japon Source
Himedaka, le medaka jaune commun, parfois vendu comme nourriture pour d’autres poissons 15 à 50 yens en magasin, une soixantaine en ligne par douze Tokyo Aqua Garden 2026, magasins Cainz
Blanc, bleu, noir 50 à 200 yens Tokyo Aqua Garden 2026
Youkihi, Miyuki 80 à 500 yens ; un Miyuki d’animalerie 150 à 200 yens, plus cher quand la lumière couvre le dos jusqu’à la tête Tokyo Aqua Garden 2026
Kōhaku, Sanshoku, Daruma 100 à 2 000 yens selon le grade Tokyo Aqua Garden 2026
Paire d’une variété améliorée courante 2 000 à 3 000 yens « est devenu la norme » Nikkei 2023
Seuil du « haut de gamme » 5 000 yens la paire éleveur Medakaya En, 2026
Paire ou trio chez un éleveur de renom 10 000 à 40 000 yens catalogue Medaka no Yakata, mai 2026
Nouveauté aux enchères 601 000 yens le trio de Neptune en juillet 2023 ; 1 900 000 yens deux paires de Hibiscus fin 2023, record enchères Yahoo, reportage RSK

Mille yens, c’est quelques euros. Un medaka classique vaut donc, au Japon, dix à vingt fois moins qu’en France ; une paire haut de gamme chez un grand éleveur, le prix de deux ou trois sélections chez nous ; et les records d’enchères, celui d’une petite voiture. L’écart sur les classiques tient à ce qui sépare un pays producteur d’un pays importateur : élevage à grande échelle là-bas, importation par petites séries, transport, acclimatation et quarantaine ici.

Ce qui fait le prix d’un medaka

Toutes les sources japonaises convergent, et un éleveur japonais résume le prix comme « un produit du taux de fixation, du volume en circulation, de la nouveauté et de la rareté de l’expression ». Dans l’ordre d’importance :

  • Le taux de fixation. C’est la part des descendants qui reproduisent le caractère des parents. Un Himedaka ou un Youkihi le transmettent presque à coup sûr ; un Sanshoku, dont le motif se répartit au hasard, ou un lamé, donnent peu de beaux sujets par ponte. Derrière chaque poisson vendu, il y a des dizaines de frères triés et écartés, et c’est ce tri que l’on paie. Le cas limite est le « small eye » : un éleveur raconte qu’un croisement de deux small eyes peut ne donner « pas un seul small eye sur mille », d’où le million de yens payé en 2010 pour un sujet surnommé Nobunaga. Tokyo Aqua Garden ajoute une règle cruelle : plus une expression est spectaculaire, reflets, nageoires, œil, moins elle se transmet.
  • La nouveauté. Une variété qui vient de sortir n’est détenue que par son créateur. Les premiers lots se vendent à prix d’or, puis « une variété qui se stabilise voit ses prix se tasser en quelques années », et souvent bien plus vite.
  • Le grade dans la variété. Deux Miyuki n’ont pas le même prix selon l’étendue de la lumière sur le dos ; deux Sanshoku selon la netteté des trois couleurs ; deux longfins selon la longueur et la forme des nageoires, de 1 000 à 10 000 yens pour la même variété.
  • La lignée et le nom. Un poisson d’un éleveur connu, ou sous un nom de marque, se vend plus cher à apparence égale. Le site d’une pisciculture note que « le même nom de variété peut valoir plusieurs fois plus d’un vendeur à l’autre », et que le facteur principal est le volume de production du vendeur.
  • L’âge et l’état. Un jeune reproducteur en pleine croissance vaut plus qu’un sujet qui a passé son pic de ponte, aussi beau soit-il. Et un prix élevé ne garantit ni la santé ni la perfection : des poissons malades se vendent parfois cher.
  • La vente par paire. Au Japon, les variétés de valeur se vendent par couple ou par trio sexés, ce qui double le ticket mais permet de reproduire.

Ce que le prix ne dit pas : la difficulté d’élevage. Un éleveur de Yokohama l’écrit noir sur blanc, « le prix et la difficulté n’ont aucun rapport ». Un Daruma à 500 yens est plus délicat qu’une nouveauté à 20 000, parce qu’il craint le froid ; un longfin demande une eau propre, pas un portefeuille.

La bulle japonaise, et sa chute

Le marché japonais a connu deux vagues. La première part du Youkihi, créé en 2004, qui a lancé la mode du medaka d’ornement, et du Miyuki en 2007 : tous deux ont valu cher, et se vendent aujourd’hui quelques centaines de yens. La seconde est la bulle du Covid, de 2020 à 2022 : enfermés, les Japonais ont acheté des medakas, des investisseurs ont suivi, et les nouveautés se sont arrachées aux enchères jusqu’à deux millions de yens les deux paires. Depuis le pic de 2022, les prix des nouveautés s’effondrent, « divisés par dix » selon le Nikkei en 2025, par excès d’offre. Un éleveur d’Okayama explique le mécanisme : « dès que tout le monde a reproduit la variété, trois mois plus tard elle vaut dix mille yens, puis quelques milliers ; seul le tout premier lot a un prix ». Une variété sortie en 2024 à plusieurs centaines de milliers de yens se bradait à mille yens l’année suivante. Un medaka pond tous les jours et un enfant sait le reproduire : aucun prix ne tient.

Le marché français n’a pas connu cette bulle, parce qu’il n’a pas d’enchères ni de nouveautés en primeur : les variétés arrivent chez nous une fois stabilisées, à des prix qui bougent peu. C’est moins excitant, et plus sain.

Comment ne pas surpayer

  • Ne pas confondre prix, difficulté et fixation. Pour débuter ou pour reproduire, un classique bien fixé, blanc, bleu, Youkihi, Miyuki, Orochi, donne des descendants fidèles ; une sélection chère à faible fixation donne des descendants variés, ce qui est son intérêt, pas un défaut.
  • Acheter le poisson, pas la photo. Les éleveurs japonais préviennent que le sujet livré n’a jamais exactement le motif de celui de la photo, surtout en Sanshoku et en lamé, et qu’aux enchères la photo peut tromper. On regarde le lot entier, de dessus et de profil, ou l’on fait confiance à un vendeur qui trie et répond.
  • Juger le grade. Un Miyuki dont la lumière s’arrête au milieu du dos ne vaut pas le prix d’un Miyuki éclairé jusqu’à la tête. La nomenclature JMA dit sur quoi porte chaque caractère.
  • Attendre. Une nouveauté vaut son prix le jour de sa sortie et le dixième un an plus tard. Rien ne presse.
  • Compter le transport. Pour une commande livrée, le forfait pèse autant que les poissons sur un petit lot : on groupe, ou l’on se déplace.
  • Exiger la taille et le tri. Un poisson de 2,5 à 3 cm est identifiable et robuste ; à 1,5 cm, on achète une promesse, et le prix doit être en rapport.

Le budget complet d’un premier bac

Le poisson n’est pas la dépense principale. Pour une vasque d’intérieur, avec nos prix du 4 octobre 2026 : un Medaka Bowl 420 à 22,99 €, un Medaka Filter Kit à 15,99 €, un flacon de bactéries PSB et un conditionneur Medaka Care à 6,79 € chacun, un aliment Hikari Medaka à 9,99 €, soit un peu plus de 60 € de matériel. Cinq medakas classiques ajoutent 25 €, cinq sélections 80 €. Un bac extérieur se contente d’un récipient de 30 L ou plus, de plantes et de patience : le détail est dans élever des medakas en extérieur.

Questions fréquentes

Pourquoi le même medaka coûte-t-il 5 € ici et 60 yens au Japon ?

Parce qu’il est élevé par centaines de milliers là-bas et importé par petites séries ici, avec le transport, l’acclimatation et la quarantaine. Le rapport de un à dix ou vingt sur les classiques est le prix de l’importation, pas une marge.

Un medaka cher est-il plus difficile à élever ?

Non. Le prix mesure la rareté et la fixation, pas la fragilité. Les variétés délicates sont les Daruma, qui craignent le froid, et les longfins, qui demandent une eau propre, à tous les prix.

Puis-je rentabiliser un medaka cher en le reproduisant ?

Rarement. Si la variété a un faible taux de fixation, les descendants ne lui ressembleront pas ; si elle est bien fixée, tout le monde la reproduit et le prix tombe. Les éleveurs japonais ont vu des variétés passer de cent mille à mille yens en un an.

Les œufs sont-ils une bonne affaire ?

Au Japon, un œuf de Miyuki vaut une cinquantaine de yens quand l’adulte en vaut des centaines ; en France, un lot d’œufs coûte 20 à 30 €. C’est une bonne affaire si l’on sait incuber et élever des alevins, et une loterie sinon.

Sources

  • Prix de la boutique afloredeau.com relevés le 4 octobre 2026, catégorie Medaka ; prix des autres vendeurs français : voir où acheter des medakas en France.
  • Tokyo Aqua Garden, « メダカの値段が高くなる理由!1匹100万円もありえる! » (pourquoi un medaka devient cher), 2021, mis à jour en 2023, t-aquagarden.com : fixation, rareté, diffusion, paire à un million de yens, prix qui se tassent.
  • Tokyo Aqua Garden, « 人気のメダカベスト10 » (les dix medakas les plus populaires), mis à jour le 3 septembre 2026, t-aquagarden.com : prix en ligne des classiques, grades du Miyuki, du Kōhaku, du Sanshoku et du Daruma.
  • Tokyo Aqua Garden, « メダカの卵は通販で手に入れよう » (acheter des œufs en ligne), 2022, t-aquagarden.com : 30 œufs pour 700 à 1 000 yens, un œuf de Miyuki à 50 yens.
  • Precious.jp, entretien avec Takaho Ōba de Medaka no Yakata, 2018, precious.jp : le small eye à un million de yens, un sur mille, gamme de 100 yens à plusieurs dizaines de milliers.
  • Medaka no Yakata, catalogue de vente, mai 2026, medakanoyakata.jp : paires et trios de 10 000 à 40 000 yens.
  • めだかラボ, « メダカの値段はなぜ数百円〜数万円まで違うのか » (pourquoi les prix vont de quelques centaines à quelques dizaines de milliers de yens), 2026, medaka-lab.com : les quatre facteurs, le compromis expression et fixation, conseils d’achat.
  • Medakaya En, « 高級メダカとは?値段の相場と高い理由 » (qu’est-ce qu’un medaka haut de gamme), 28 juillet 2026, medakayaen-ec.com : seuil de 5 000 yens la paire, prix et difficulté sans rapport, garanties à exiger. Hime-medaka, « メダカの値段の謎 », hime-medaka.com : grade, âge, volume de production.
  • RSK Sanyo Broadcasting, reportage chez l’éleveur 夢中めだか, 12 décembre 2023, rsk.co.jp : 1,9 million de yens les deux paires, chute en trois mois. Nikkei, 2023 et septembre 2025 : paires à 2 000-3 000 yens devenues la norme, bulle du Covid, prix divisés par dix. nedo-freedom.com, 2023 : trio de Neptune à 601 000 yens.
  • メダカのたまご屋さん, « メダカブームは終わらない! 価格暴落の理由 » (la chute des prix), 2025 : pic de 2022, accélération depuis 2024, variété de 2024 bradée à 1 000 yens.