Des algues dans un bac de medakas, c’est normal. Elles ne deviennent un problème que lorsqu’elles envahissent. Chaque type a sa cause : trop de lumière, trop de nourriture, un bac trop neuf, un déséquilibre entre plantes et nutriments. La parade est presque toujours la même : moins de lumière, moins de nourriture, plus de plantes, des changements d’eau réguliers, et quelques mangeurs d’algues bien choisis. Jamais d’algicide.
L’eau verte n’est pas une algue gênante
Avant de lutter, il faut distinguer. Une eau uniformément verte, où l’on devine encore le fond, est de l’eau verte : du phytoplancton en suspension, recherché par les éleveurs japonais pour nourrir les alevins et stabiliser le bac. On ne la combat pas, on la dose. Voir l’eau verte. Les algues dont parle ce guide sont celles qui s’accrochent aux vitres, aux plantes, au substrat, ou qui flottent en filaments. Elles ne nourrissent pas les poissons, elles étouffent les plantes et gênent l’observation.
Type par type
Le film vert et les points verts sur les vitres
Un voile vert qui recouvre les parois en quelques jours, ou des points verts durs d’environ deux millimètres, très accrochés (t-aquagarden). Cause : une lumière forte et longue, soleil direct sur un aquarium ou rampe LED allumée plus de 12 heures. C’est l’algue la moins grave. Parade : une raclette ou une éponge une fois par semaine, une durée d’éclairage ramenée à 10 à 12 heures, et le bac écarté du soleil direct s’il est en intérieur. Voir l’éclairage en intérieur. Dehors, sur une vasque, le film vert des parois ne dérange personne et les medakas y picorent.
Les algues filamenteuses
Des fils verts, fins ou en touffes, qui s’accrochent aux plantes, aux bords, au bulleur, et finissent en nappes flottantes. Au Japon, on les appelle aomidoro. Cause : un excès de nutriments, nitrates et phosphates, avec beaucoup de lumière (t-aquagarden). On les voit surtout au printemps dans les bacs extérieurs, quand le soleil revient avant que les plantes aient repris, et dans les bacs trop nourris. Parade : les retirer à la main en les enroulant sur une baguette ou une brosse à bouteille, réduire la nourriture, faire un changement d’un tiers par semaine tant qu’elles reviennent, et laisser les plantes prendre le dessus. En extérieur, une couverture de grenouillette sur un tiers de la surface leur prend la lumière. Attention en retirant les nappes : les alevins et les œufs s’y cachent. On secoue la touffe dans un seau d’eau du bac avant de la jeter.
Les algues brunes
Un feutrage brun, poussiéreux, sur les vitres, les feuilles et le gravier. Ce sont des diatomées. Elles apparaissent dans les bacs neufs, en général dans les premières semaines, et dans les bacs peu éclairés (t-aquagarden). Elles disparaissent d’elles-mêmes quand le bac mûrit et que les plantes poussent. Parade : la patience, un peu plus de lumière si le bac est sombre, et un escargot ou deux. Ne pas augmenter la nourriture ni ajouter d’engrais pour « aider les plantes » : cela nourrit les algues suivantes.
Les algues bleues
Un tapis lisse, bleu-vert ou vert foncé, qui se décolle par plaques et sent la terre ou le moisi. Ce ne sont pas des algues mais des cyanobactéries. Elles indiquent une eau stagnante et riche, souvent dans un coin sans courant, avec un substrat chargé de déchets. Elles peuvent être toxiques ; t-aquagarden signale le risque dans une eau verte dégénérée. Parade : siphonner les plaques, nettoyer le fond, brasser un peu l’eau, changer un tiers deux fois dans la semaine. Un noir complet de trois à cinq jours, bac couvert de tous côtés et aéré, fait reculer l’eau verte et les filamenteuses, d’après les références d’aquascaping ; on ne dépasse pas une semaine, et l’on traite ensuite la cause, lumière ou nourriture, sans quoi elles reviennent. La source japonaise ne détaille pas ce type.
Les causes communes
Les algues ont besoin de trois choses, comme les plantes : de la lumière, des nutriments et du gaz carbonique. Elles gagnent quand elles en ont plus que les plantes ne peuvent en utiliser.
- La lumière. Plus de 12 à 14 heures par jour, ou du soleil direct sur un aquarium d’intérieur. Dehors, la lumière n’est pas réglable : ce sont les plantes et l’ombrage qui compensent.
- La nourriture. C’est la cause la plus fréquente (t-aquagarden). Chaque miette non mangée devient nitrate et phosphate. Le repère : ce qui est mangé en 2 à 3 minutes, une à deux fois par jour. Voir l’alimentation.
- Les changements d’eau rares. Les nitrates s’accumulent, invisibles, jusqu’à ce que les algues les rendent visibles.
- Trop peu de plantes. Un bac sans plantes à pousse rapide laisse tout aux algues. Élodée, Ceratophyllum, Najas, Ludwigia en intérieur, grenouillette en surface. Jamais de jacinthe d’eau ni de laitue d’eau, interdites dans l’Union européenne.
- L’engrais. Un bac de medakas n’a pas besoin d’engrais : les poissons en fournissent. Un engrais liquide ajouté pour les plantes nourrit d’abord les algues (t-aquagarden).
Les parades qui marchent
Dans l’ordre. Réduire la lumière à 10 à 12 heures en intérieur. Réduire la nourriture. Changer un tiers de l’eau chaque semaine tant que les algues progressent (t-aquagarden). Nettoyer le substrat au siphon, sans le retourner entièrement. Ajouter des plantes à pousse rapide. Retirer les algues à la main, sans chercher à tout enlever d’un coup. Puis attendre : un bac se rééquilibre en trois ou quatre semaines, pas en trois jours. Voir les changements d’eau.
Les mangeurs d’algues compatibles
Aucun animal ne remplace les gestes ci-dessus. Ils finissent le travail. Et tous ne conviennent pas au medaka, qui vit dans une eau plus fraîche que la plupart des poissons d’aquarium.
Les escargots. Les planorbes et les physes arrivent seuls avec les plantes, mangent le film vert et les algues brunes, et supportent l’hiver dehors. Ils se multiplient selon la nourriture disponible : beaucoup d’escargots, c’est trop de nourriture. Les Neritina, vendues en animalerie, sont plus efficaces sur les vitres et ne se reproduisent pas en eau douce, mais elles demandent une eau dure et au moins 20 °C selon les fiches d’élevage françaises : pour l’aquarium d’intérieur, pas pour une vasque dehors. t-aquagarden cite les ishimaki-gai, proches des Neritina, et les petits tanishi, qui filtrent l’eau trouble : des espèces japonaises, sans équivalent à prélever dans une mare française.
Les crevettes. La crevette Caridina multidentata, dite Amano ou Yamato, 2 à 3 cm, est la plus efficace contre les filamenteuses (t-aquagarden). Elle ne se reproduit pas en eau douce, donc pas d’invasion. Originaire des rivières japonaises, elle tolère le froid : Tokyo Aqua Garden précise qu’elle peut hiverner dehors si l’eau ne gèle pas, et qu’elle craint surtout les variations brutales de température. En Bretagne, elle a donc sa place en vasque ; dans le Nord et l’Est, on la rentre. Les Neocaridina, les red cherry, sont plus rustiques et se reproduisent ; les medakas adultes mangent une partie des juvéniles, ce qui régule. Dans les deux cas, prévoyez des cachettes, mousse de Java ou touffes denses.
Les poissons. t-aquagarden cite l’Otocinclus contre les algues brunes et les points verts. C’est un poisson tropical d’Amérique du Sud, qui demande au moins 21 °C d’après les fiches d’espèces, un bac mûr et la vie en groupe : à réserver à un aquarium d’intérieur chauffé, jamais à une vasque extérieure. Aucun poisson mangeur d’algues ne convient à un bac extérieur de medakas en France.
Et le medaka lui-même ? Il picore le film des parois et les jeunes filaments, sans jamais suffire.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Les algicides. t-aquagarden les déconseille sans réserve : ils touchent plantes, invertébrés et medakas, et les algues mortes en masse consomment l’oxygène et libèrent leurs nutriments pour la génération suivante.
- Le grand nettoyage. Tout vider, frotter, remettre de l’eau neuve : le cycle bactérien est cassé, et les algues, elles, reviennent en premier. Voir le cyclage.
- Couper toute lumière longtemps. Trois jours de noir se tolèrent ; une semaine tue les plantes.
- Ajouter des mangeurs d’algues sans corriger la cause. Ils meurent de faim quand les algues reculent, ou ne suivent pas quand elles gagnent.
- Prélever des escargots ou des crevettes dans une mare. Parasites, sangsues et larves de libellule arrivent avec.
Les chiffres à retenir
| Points verts sur les vitres | Environ 2 mm, lumière trop forte ou trop longue (t-aquagarden) |
|---|---|
| Éclairage en intérieur | 10 à 12 heures par jour hors reproduction |
| Nourriture | Ce qui est mangé en 2 à 3 minutes, 1 à 2 fois par jour |
| Changement d’eau en cas d’algues | Un tiers par semaine (t-aquagarden) |
| Algues brunes | Bac neuf, premières semaines ; disparaissent seules |
| Crevette Amano | 2 à 3 cm, intérieur, ne se reproduit pas en eau douce |
| Délai de rééquilibrage | 3 à 4 semaines |
| Algicides | Jamais |
Questions fréquentes
Les algues sont-elles dangereuses pour les medakas ?
Pas directement, sauf les cyanobactéries. Le danger vient de ce qu’elles révèlent : trop de nourriture, trop de nitrates, un bac déséquilibré. Une nappe de filamenteuses peut aussi piéger un alevin.
Un poisson rouge mange-t-il les algues ?
Un peu, mais il n’a rien à faire dans un bac de medakas : il mange aussi les alevins, les œufs et les plantes, et il pollue beaucoup plus.
Faut-il retirer les escargots ?
Non, tant qu’ils restent peu nombreux. Une explosion d’escargots signale un excès de nourriture ; on corrige la nourriture, pas les escargots.
Les algues reviennent après chaque nettoyage, pourquoi ?
Parce que la cause est toujours là. Le nettoyage retire les algues, pas la lumière ni les nitrates. On agit d’abord sur l’éclairage, la nourriture et les changements d’eau.
Sources
- t-aquagarden, colonne « medaka_tank_algae » (les algues dans un bac de medakas : types, causes, mangeurs d’algues, algicides déconseillés), https://t-aquagarden.com/column/medaka_tank_algae
- t-aquagarden, colonne « greenwater_merit » (risque des cyanobactéries dans une eau verte dégénérée), https://t-aquagarden.com/column/greenwater_merit
- Base de faits medaka.fr (Kamihata, WEB図鑑, TAG) : nourriture mangée en 2 à 3 minutes, 8 à 10 heures de lumière hors reproduction, plantes conseillées, grenouillette seule flottante à recommander.