Medaka mort : les causes fréquentes et comment ne pas recommencer

Un medaka mort dans un bac de jardin a rarement été tué par une maladie. Dans la grande majorité des cas, c’est l’eau : un bac neuf pas encore cyclé, une canicule, un changement d’eau trop brutal, trop de nourriture. Viennent ensuite le transport, les prédateurs, et tout simplement l’âge, car un medaka vit deux à trois ans. Retrouver la cause sert à une chose : ne pas recommencer.

Les causes fréquentes, de la plus probable à la plus rare

L’ordre ci-dessous correspond à ce qu’on rencontre le plus souvent chez un débutant .

1. Le bac neuf, pas encore cyclé

C’est la cause numéro un, et la plus invisible. Un bac fraîchement rempli n’a pas encore les bactéries qui transforment l’ammoniaque des déjections en nitrites puis en nitrates. Tokyo Aqua Garden compte environ quatre semaines pour que ce cycle s’installe. Pendant ce temps, l’ammoniaque puis les nitrites montent, et les poissons meurent un à un, sans lésion visible. Les branchies brun chocolat décrites dans la source sur les branchies sont la signature d’une intoxication aux nitrites. Comment ne pas recommencer : cycler le bac avant d’y mettre des poissons, en introduire peu à la fois, tester l’eau les premières semaines, et suivre le guide d’installation.

2. La chaleur

Le medaka tolère de 5 à 30 °C. Au-delà de 30 °C, il stresse ; 34 °C est un danger d’après notre base de faits. Tokyo Aqua Garden situe l’affaiblissement au-dessus de 35 °C et le danger au-delà de 40 °C, mais le plafond de 30 °C reste la consigne. Une eau chaude contient moins d’oxygène. Les poissons montent respirer en surface, puis meurent dans la nuit, quand les plantes consomment l’oxygène à leur tour. Un bac noir en plein soleil, une vasque de 20 L sur une terrasse dans le Sud, y arrivent en une après-midi. Comment ne pas recommencer : ombrager la moitié du bac, garder un volume conséquent, ajouter de l’eau plus fraîche par petites quantités, aérer faiblement. Le détail est dans les medakas au fil des saisons.

3. Le changement d’eau brutal

Un changement de la totalité de l’eau, ou une eau du robinet versée directement, froide et chlorée, tue en quelques heures. Le poisson supporte mal un écart de température brutal et le chlore brûle ses branchies. Comment ne pas recommencer : un tiers à la moitié du volume au plus, eau reposée vingt-quatre heures ou conditionnée, versée lentement, à la température du bac, selon le guide des changements d’eau. Un conditionneur comme Medaka Care neutralise le chlore de l’eau du robinet.

4. La suralimentation

Le medaka mange peu à la fois. Ce qu’il ne prend pas en deux à trois minutes tombe au fond et pourrit. Tokyo Aqua Garden cite deux conséquences : l’indigestion, et la dégradation de l’eau par les restes. Comment ne pas recommencer : la ration est ce qui disparaît en deux à trois minutes, une à deux fois par jour, et rien sous 10 °C. Le guide de l’alimentation donne les quantités.

5. Le transport et l’acclimatation

Un poisson qui meurt dans les trois jours suivant son arrivée a le plus souvent subi un choc : écart de température ou de pH entre le sac et le bac, ou épuisement d’un long trajet. Comment ne pas recommencer : laisser flotter le sac fermé trente minutes à une heure pour égaliser la température, puis ajouter de l’eau du bac au sac en trois ou quatre fois sur trente minutes à une heure, et enfin mettre le poisson à l’épuisette sans verser l’eau du sac, comme le décrit Tokyo Aqua Garden. Ne pas nourrir le premier jour. Idéalement, quarantaine d’une à deux semaines.

6. Les maladies

Elles arrivent en sixième position, non parce qu’elles sont rares, mais parce qu’elles suivent presque toujours l’une des causes ci-dessus. Tokyo Aqua Garden cite la pourriture des nageoires, l’hydropisie et les points blancs, introduits en général par un poisson ou une plante nouveaux. Un poisson mort avec une lésion visible, voile blanc, nageoires rongées, ventre en pomme de pin, oriente vers les maladies des medakas. Comment ne pas recommencer : quarantaine des nouveaux, observation au repas, isolement du premier malade.

7. Les prédateurs

Un poisson disparu n’est pas un poisson mort dans le bac. Dans un bac de jardin en France, la larve de libellule est le premier prédateur, suivie du héron, du martin-pêcheur, du chat et de la corneille. Des blessures sur plusieurs poissons et des disparitions sans cadavre sont leur signature. Le détail est dans les prédateurs des medakas en France.

8. La vieillesse

Un medaka vit deux à trois ans, jusqu’à quatre en conditions calmes. Un poisson acheté adulte à 3 cm a déjà plusieurs mois. Un sujet de deux ans qui maigrit, se courbe et meurt un matin sans autre signe est simplement arrivé au bout. Ce cas est décrit plus bas.

Le poisson au fond ou à la surface : ce que ça dit

Un medaka mort coule en général, puis remonte au bout d’un jour ou deux quand les gaz de décomposition le gonflent. La position renseigne donc peu sur la cause. Tokyo Aqua Garden traite plutôt du poisson vivant qui reste au fond, et distingue trois situations.

  • Eau froide. Sous 15 °C l’activité baisse, vers 10 °C le poisson hiverne. Immobile au fond, il n’est pas mourant. On ne le touche pas avant le printemps. Voir l’hivernage.
  • Prédateur présent. Des poissons qui se cachent au fond en permanence, en pleine saison, ont souvent une larve de libellule dans le bac.
  • Maladie ou blessure. Un poisson seul au fond, en été, pendant que les autres nagent, est malade. Isolement et bain de sel, décrits dans le bain de sel pas à pas.

Un poisson mort à la surface, en été, avec les autres qui gobent l’air, oriente vers le manque d’oxygène. Un poisson mort au fond, dans un bac de moins d’un mois, oriente vers l’ammoniaque ou les nitrites.

Les signes qu’on aurait pu voir

Rares sont les morts sans avertissement. Les jours précédents, le poisson mangeait moins vite, restait à l’écart, pâlissait, respirait en surface, ou se frottait. Ces signes sont décrits dans reconnaître un medaka malade. Le seul moyen de les voir est de regarder les poissons chaque jour au repas, et de compter.

Le vieillissement normal

Tokyo Aqua Garden donne une à deux années dans la nature et trois à cinq en captivité avec de bons soins, et situe le début des signes de vieillesse vers deux ans. Ces signes ne sont pas une maladie.

  • Un amaigrissement lent, surtout du ventre, sur des semaines. Un amaigrissement rapide serait une maladie.
  • Le dos qui se courbe, en arc ou en angle, parce que les os et les muscles se fragilisent. C’est le signe le plus connu.
  • Une faiblesse face au courant. Le poisson se tient près du fond ou dans les plantes.
  • Une perte d’éclat des couleurs, des nageoires molles.
  • Des yeux qui paraissent plus gros, parce que la tête maigrit. À ne pas confondre avec l’exophtalmie, qui apparaît en quelques jours.
  • L’arrêt de la reproduction : les femelles ne portent plus d’œufs, les mâles ne poursuivent plus.
  • Une réaction lente à la nourriture, des granules recrachées.

Pour ces poissons, la source japonaise donne trois conseils : réduire le courant ; donner un aliment en poudre ou des granules écrasées ; baisser la hauteur d’eau pour que la remontée vers la surface coûte moins. Un vieux medaka qui finit ses jours dans un petit bac calme, à l’abri des jeunes, est une fin normale d’élevage.

Que faire du corps

On retire le poisson mort dès qu’on le voit, parce qu’il pollue l’eau et que les autres le mangent. On le regarde : voile blanc, écailles hérissées, nageoires rongées, ventre creux ou gonflé. Cet examen d’une minute donne souvent la cause.

Ensuite, deux options. L’enterrer dans le jardin, à 15 cm de profondeur au moins d’après la source japonaise, à l’écart d’un point d’eau. Ou le mettre à la poubelle ménagère dans un sac fermé. Jamais dans les toilettes ni dans un cours d’eau : un poisson malade peut porter des germes qui n’ont rien à faire dans un ruisseau. En cas de mortalité en série, on garde un corps au frais dans un peu d’eau du bac pour un vétérinaire.

Comment ne pas recommencer

Cycler le bac quatre semaines avant les poissons. Un litre par poisson au minimum, 30 L ou plus dehors. Changements d’eau partiels, jamais totaux, jamais froids, jamais chlorés. Ombre en été et thermomètre dans l’eau. Ration mangée en deux à trois minutes, rien sous 10 °C. Quarantaine des nouveaux venus. Un filet surélevé contre les libellules et les oiseaux. Et regarder, compter, chaque jour au repas.

Les chiffres à retenir

Longévité 2 à 3 ans, jusqu’à 4 en conditions calmes ; signes de vieillesse vers 2 ans (TAG)
Cyclage d’un bac neuf environ 4 semaines (TAG)
Température tolérance 5 à 30 °C ; stress au-delà de 30 °C ; danger à 34 °C
Activité réduite sous 15 °C ; hivernage vers 10 °C (TAG)
Densité 1 L par poisson minimum
Ration mangée en 2 à 3 minutes ; rien sous 10 °C
Quarantaine 1 à 2 semaines (TAG)
Enterrer un poisson 15 cm de profondeur au moins (TAG)

Questions fréquentes

Mes medakas meurent un par un depuis une semaine, sans signe visible. Pourquoi ?

Si le bac a moins de deux mois, c’est presque toujours l’ammoniaque ou les nitrites d’un bac non cyclé. On teste, on fait des changements d’eau partiels tous les deux ou trois jours, et on arrête de nourrir quelques jours.

Mon medaka est mort le lendemain de l’achat. Est-ce le vendeur ?

Le plus souvent, c’est l’acclimatation ou un bac pas prêt. Un poisson vendu en bonne santé meurt d’un écart de température brutal entre le sac et le bac, ou dans un bac non cyclé.

Un medaka peut-il mourir de froid en hiver en France ?

Un adulte en bonne santé dans un bac de 30 L ou plus, avec une zone profonde, passe l’hiver dehors. Ce qui tue, c’est le bac qui gèle jusqu’au fond, ou le nourrissage sous 10 °C. Voir la FAQ.

Sources