Combien de fois par jour nourrir des medakas ? Les réponses qu’on trouve vont d’une fois par semaine à cinq fois par jour, et toutes sont justes, parce qu’aucune ne vaut sans la température de l’eau. Un medaka n’a pas d’estomac : il ne stocke rien, il digère au fil de l’eau, et sa digestion s’arrête sous 10 °C. Nourrir, c’est donc d’abord lire le thermomètre, puis donner ce qui sera mangé en deux ou trois minutes, à une heure où le poisson pourra digérer avant la nuit. Voici la règle complète, telle que la pratiquent les éleveurs japonais et le fabricant Hikari, avec les quantités, les heures, les aliments, les erreurs, et le cas des alevins.
La règle de base : le thermomètre, puis la montre, puis la quantité
| Eau | Repas par jour | Quantité et heure |
|---|---|---|
| sous 10 °C | aucun | Les enzymes digestives ne fonctionnent plus ; un repas pris fermente dans l’intestin. Une école japonaise, celle du fabricant GEX, tolère une pincée mangée en vingt secondes à midi, les jours de soleil où l’eau remonte vers 10 °C ; l’autre, celle des éleveurs d’Ehime et de Tokyo, ne donne rien de décembre à mars. Dans le doute, rien. |
| 10 à 15 °C | un repas tous les deux ou trois jours, ou un par jour en intérieur | Très peu, en milieu de journée, les jours où l’eau s’est réchauffée. Au printemps, on reprend par un aliment digeste et pauvre, une semaine à demi-dose, avant les aliments riches. |
| 15 à 20 °C | un | Un peu en dessous de l’appétit, mangé en deux minutes, quand l’eau est au plus chaud, vers 15 h. Sous 18 °C, on réduit quel que soit l’aliment. |
| 20 à 25 °C | un à deux | La plage la plus facile : mangé en deux ou trois minutes, le matin une fois l’eau réchauffée, et en fin d’après-midi. |
| 25 à 30 °C | deux à trois, jusqu’à quatre en saison de ponte | Tôt le matin et en fin d’après-midi, jamais aux heures chaudes, dernier repas deux à trois heures avant le coucher du soleil ; des petites doses fréquentes plutôt qu’une grosse. |
| au-dessus de 30 °C | un, ou aucun | Les poissons mangent moins et l’eau chaude supporte mal les restes : on réduit, ou on saute. Vers 35 °C, ils ne mangent presque plus. |
La quantité se juge au chronomètre, pas à la cuillère : ce qui est mangé en deux ou trois minutes, et rien qui coule au fond. Le fabricant Hikari donne tout de même un chiffre pour ceux qui veulent peser : pour vingt adultes à plus de 20 °C, 0,12 g de granulés par jour, soit 6 milligrammes par poisson, l’équivalent de son œil. Les laboratoires, qui nourrissent à volonté pour obtenir des pontes à deux mois, arrivent à 5 % du poids du poisson par jour, réparti en cinq à sept repas.
L’heure
Le medaka digère en trois heures environ, selon un éleveur de Tokyo, deux selon GEX, et tout l’art est là : le repas doit être digéré avant que l’eau ne refroidisse, c’est-à-dire avant la nuit. Pas de repas à l’aube, l’eau est au plus froid ; pas de repas au crépuscule, ce qui est avalé ne sera pas digéré, et c’est de là que viennent les indigestions d’automne. Le matin, on attend que l’eau se soit réchauffée, idéalement 20 °C et plus ; l’été, c’est tôt, l’après-midi étant trop chaud ; au printemps et à l’automne, c’est plutôt le milieu de journée, entre midi et 15 h, quand l’eau est à son maximum. On nourrit à la même heure chaque jour, les poissons prennent le rythme, et une heure de décalage ne change rien. Tout cela se lit sur un thermomètre, voir lire la température d’un bac.
Quoi : flottant, à la taille de la bouche

Le medaka a la bouche tournée vers le haut : il mange en surface, et un alevin, qui ne sait pas plonger, ne mange que ce qui flotte. Un aliment qui coule est un aliment perdu, qui pourrit au fond. On choisit donc des flocons ou des granulés flottants, et la taille du grain suit celle du poisson.
- Jusqu’à 1 cm, les alevins : une poudre de 0,2 mm au plus, c’est la taille de leur bouche. À la boutique, c’est le Hikari Medaka Baby.
- De 1 à 2,5 cm, les jeunes : un grain de 0,2 à 0,4 mm. Hikari insiste sur ce passage à 1 cm, où l’on quitte la poudre d’alevin pour un grain adapté à la bouche ; c’est le Hikari Medaka Next.
- Adultes, à partir de 2,5 cm : un grain de 0,4 à 0,7 mm. Pour les géniteurs en saison, l’aliment de ponte, plus riche, le Hikari Medaka Breed.
Flocons ou granulés ? À poids égal, les flocons font quatre fois le volume, flottent longtemps et se digèrent facilement : c’est l’aliment de celui qui nourrit souvent et peu. Les granulés sont plus nourrissants par bouchée, et c’est avec eux qu’on fait grossir ou pondre ; en passant des flocons aux granulés, on divise la pincée par deux. Un repère que donne GEX pour savoir si l’aliment convient : des crottes courtes et épaisses, c’est un aliment riche un peu lourd à digérer ; longues et fines, un aliment digeste mais maigre.
Les aliments de ponte de la gamme japonaise Hikari titrent 50 à 51 % de protéines et 10 à 11 % de lipides, avec un grain volontairement un peu plus gros et des acides gras qui, selon le fabricant, jouent sur le nombre d’œufs et le taux d’éclosion ; le mode d’emploi dit deux à trois repas par jour au moins, en petites doses. Un éleveur d’Ehime ajoute le revers : une femelle gavée d’aliment gras fait du foie, ses ovaires se bloquent et elle cesse de pondre. Pour les géniteurs, riche en protéines, moyen en graisse, et jamais à satiété.
Le vivant et l’eau verte
- Les paramécies, 0,2 mm, sont le premier aliment des alevins, vivantes et sans pollution ; elles se cultivent en bouteille avec un comprimé de levure, à l’ombre, en quatre à sept jours. Les laboratoires en donnent dès l’éclosion.
- Les artémias fraîchement écloses prennent le relais dès le quatrième jour chez certaines lignées, vers une semaine chez d’autres ; les laboratoires passent aux artémias dès que possible, à raison de 150 à 300 par poisson et par repas.
- Les daphnies, trop grosses pour les nouveau-nés, nourrissent les jeunes d’un mois et engraissent les adultes dehors, où elles se reproduisent dans le bac ; dedans, le filtre les aspire.
- L’eau verte est une nourriture permanente qui relève nettement la survie des alevins, et elle digère les excès de poudre ; mais elle ne remplace pas les repas, et trop dense, elle asphyxie le bac à l’aube. Voir l’eau verte.
- Vers de vase et tubifex, congelés ou lyophilisés : riches, engraissants, à donner en complément d’un aliment sec et jamais seuls, et remis au congélateur aussitôt. Les poissons qui y prennent goût boudent ensuite le granulé.
Un piège d’hiver : des artémias écloses dans une eau salée tiède ou des paramécies cultivées au chaud, versées dans un bac à 8 °C, meurent et polluent. Le vivant se donne à la saison du vivant.
Les alevins : la faim est la première cause de mort
Les éleveurs japonais sont unanimes : l’alevin de medaka meurt de faim avant de mourir de maladie ou d’eau. Il n’a ni estomac ni réserves, il mange mal les sept premiers jours, et trois jours sans nourriture en intérieur suffisent à le tuer. Les deux premiers jours, le sac vitellin le nourrit ; à partir du deuxième ou troisième jour, on donne, et on donne souvent : trois à cinq repas par jour, cinq et plus selon Hikari et selon les laboratoires, en quantités infimes, mangées pendant que la poudre flotte, avec les restes aspirés à la pipette cinq minutes après. Le premier mois fixe le corps : un alevin bien nourri de l’éclosion à deux semaines donne un poisson qui survit et qui pond à deux mois ; un alevin nourri tard et peu reste petit et meurt davantage. Deux litres pour une vingtaine de nouveau-nés, 25 à 28 °C, pas de courant, peu de changements d’eau les deux premières semaines : le détail est dans élever des alevins en intérieur, et le choix de l’eau dans quelle eau pour les alevins.
Les erreurs
- Trop. C’est l’erreur la plus courante et la plus grave : les restes coulent, pourrissent, l’ammoniaque monte, l’eau se trouble, les algues filamenteuses prolifèrent. Un poisson suralimenté grandit trop vite, devient pubère avec des ovaires immatures, pond des œufs clairs et vit moins longtemps. Après un excès : un ou deux jours sans rien, les restes retirés, un tiers d’eau changé, reprise à demi-dose.
- Par temps froid, ou juste avant une pluie froide, un typhon chez eux, une tempête chez nous : la photosynthèse s’arrête, l’oxygène baisse, la digestion aussi.
- Trop riche au printemps : un poisson qui sort de l’hiver avec un aliment gras fait des indigestions et des boules de graisse sous la peau. On reprend avec un aliment digeste, une fois que le minimum de la nuit tient 10 °C, et on monte en une semaine.
- Grossir en augmentant la dose : on grossit un poisson en augmentant le nombre de repas, pas leur taille.
- Nourrir avant un départ. Un adulte sain jeûne une semaine sans dommage, deux s’il est gras ; on ne le gave pas la veille, on change un tiers d’eau et on part. Les distributeurs automatiques font plus de mal que de bien aux adultes ; pour les alevins et les poissons maigres, de l’eau verte et des daphnies dans un bac dehors valent mieux qu’une machine. Avant un transport, les éleveurs mettent les poissons à jeun pour que le sac ne se charge pas d’ammoniaque, et ne nourrissent pas le jour de l’arrivée.
Les chiffres à retenir
- Sous 10 °C : rien. 10-15 °C : un repas tous les deux ou trois jours. 15-20 °C : un par jour. 20-25 °C : un ou deux. 25-30 °C : deux à trois, jusqu’à quatre en ponte. Au-dessus de 30 °C : on réduit.
- Mangé en deux ou trois minutes, rien qui coule ; 6 milligrammes par adulte et par jour selon Hikari.
- Pas à l’aube, pas au crépuscule ; dernier repas deux à trois heures avant la nuit.
- Poudre de 0,2 mm jusqu’à 1 cm, grain de 0,2 à 0,4 mm jusqu’à 2,5 cm, 0,4 à 0,7 mm ensuite.
- Alevins : dès le deuxième ou troisième jour, trois à cinq repas par jour, restes aspirés cinq minutes après.
- Un adulte sain jeûne une semaine ; on ne gave jamais avant de partir.
Questions fréquentes
Il fait 14 °C dans l’eau le matin et 20 °C l’après-midi en avril, je nourris ?
Oui, une fois, vers 14 ou 15 h, un peu en dessous de l’appétit, avec un aliment digeste. Si le matin est sous 10 °C, non.
Mes medakas se jettent sur la nourriture et en redemandent, dois-je donner plus ?
Non, ils font toujours ça. La quantité se juge à ce qui reste après trois minutes et à l’état de l’eau, pas à leur empressement. Pour les faire grossir, ajoutez un repas, pas de la nourriture.
Je pars dix jours en août, que faire ?
Un tiers d’eau changé la veille, pas de repas le jour du départ, un filet contre les prédateurs et de l’ombre. Des adultes gras tiennent dix jours. Pour des alevins, un bac dehors en eau verte avec des daphnies, ou un voisin avec une dose préparée par jour, mangée en deux minutes.
Sources
- Kyorin (Hikari), « メダカの飼い方 » (élever le medaka) et fiches des aliments de la gamme medaka, kyorin-net.co.jp : 0,12 g par jour pour vingt adultes, cinq repas et plus pour les alevins, arrêt sous 12 °C, granulométries de 0,2 à 0,7 mm, aliments de ponte à 50-51 % de protéines ; calendrier mensuel extérieur.
- Murata K., Kinoshita M., Naruse K., Tanaka M., Kamei Y., Medaka: Biology, Management, and Experimental Protocols, volume 2, Wiley, 2020, chapitre 1, extrait éditeur catalogimages.wiley.com : paramécies dès l’éclosion, artémias dès le quatrième jour, 150 à 300 par repas, cinq à sept repas par jour, rations en milligrammes par poisson ; Davis C. R., Okihiro M. S., Hinton D. E., Aquatic Toxicology 60, 2002 : la ration de 3 à 4 % du poids ralentit la croissance.
- GEX, « メダカ飼育に一番重要な「エサ」のポイント » (l’essentiel sur l’aliment), supervisé par Tomatsu Tomomi, gex-fp.co.jp : bouche vers le haut, aliment flottant, une minute en ponte, crottes comme indicateur, quatre repas pour les alevins, premier mois décisif ; « メダカの屋外飼育の月別ポイント », gex-fp.co.jp : pincée de midi en hiver.
- Tokyo Aqua Garden, « メダカはエサ無しで何日耐えられるのか » (combien de jours sans manger), t-aquagarden.com : trois heures de digestion, dernier repas vers 15 h, arrêt sous 10 °C, une semaine de jeûne ; « プロがすすめるメダカが食べるエサ7選 », t-aquagarden.com ; « メダカの稚魚の育て方 », t-aquagarden.com.
- Medakaya-en, « 夏の餌やり » (nourrir en été), 2026, medakayaen-ec.com ; « 稚魚の餌 », 2026, medakayaen-ec.com : la faim, première cause de mort des alevins ; « 冬の室内飼育 », 2025, medakayaen-ec.com.
- THE AQUA LAB, « メダカの餌やりは1日何回 » (combien de repas par jour), 2026, practical-aqualabo.com : tableau par température, 0,1 à 0,2 g pour dix adultes, créneaux horaires, reprise après excès.
- Hime-medaka, « 餌切りのタイミング », « 飽和給餌 », « 室内飼育と飽和給餌 », « 雨の日の餌 », « 留守中の餌 », hime-medaka.com : enzymes sous 10 °C, stéatose des femelles gavées, jeûne d’une à deux semaines, vivant et bac froid.
- メダカの飼い方.com, « 餌の量 » et « 餌の与えすぎ », medaka.papa77.com : attendre que l’eau se réchauffe, suralimentation et puberté précoce ; 日淡といっしょ, « ゾウリムシの培養 », nittanwith.com ; « 自動給餌器は必要か », nittanwith.com.